
Cavazza
Entre sols volcaniques et calcaires, les fondements d’une histoire familiale en Vénétie
À l’approche de son centenaire, le domaine Cavazza incarne une certaine idée de la viticulture italienne : familiale, enracinée et profondément attachée à ses terroirs. Fondée en 1928 à Gambellara, au cœur de la Vénétie, la propriété s’est construite patiemment, génération après génération, à partir d’un modeste point de départ. « C’est mon arrière-grand-père qui a acheté une très petite parcelle. Et chaque année, dès qu’il économisait un peu, il rachetait de la terre », raconte la famille.
À ses débuts, l’exploitation relevait davantage de la polyculture de subsistance que d’un véritable projet viticole. « Entre les deux guerres, on ne pouvait pas parler d’un vrai business du vin. » Maïs, tomates, fruits et vignes cohabitent alors sur les terres familiales. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que le domaine opère un tournant décisif en se consacrant exclusivement au vin, affirmant progressivement son identité et son ambition.

Implanté historiquement à Gambellara, Cavazza bénéficie d’un terroir volcanique singulier, caractérisé par des sols basaltiques noirs qui confèrent aux vins blancs, dominés par le cépage Garganega, tension et minéralité. « Notre âme, c’est Gambellara », soulignent-ils. Une étape clé intervient en 1987 avec l’acquisition de vignes dans les Colli Berici, à quelques kilomètres seulement, mais sur des sols radicalement différents. « Là-bas, on passe de la roche volcanique à des sols calcaires, anciens fonds marins. C’est un terroir idéal pour les rouges. » Ce double ancrage géologique structure aujourd’hui toute la production du domaine, entre blancs précis et tendus et rouges plus solaires, notamment issus du Tai Rosso, un cépage autochtone « appartenant à la famille du Grenache ». Cette évolution répond aussi à l’ouverture à l’export : « Quand nous avons commencé à exporter, notamment vers l’Europe du Nord, la demande pour les vins rouges est devenue importante. »
Avec environ 130 hectares de vignes et une production avoisinant les 600 000 bouteilles, Cavazza reste fidèle à un modèle d’azienda agricola, maîtrisant l’ensemble de la chaîne de production. « Nous travaillons uniquement avec nos propres raisins, du vignoble à la bouteille. » Une exigence qui s’accompagne d’une segmentation claire de la gamme, articulée autour de trois lignes : les Classici, accessibles et digestes ; les cuvées Identità, issues de parcelles spécifiques et considérées comme les plus représentatives ; et les vins effervescents, dont le Lessini Durello, emblématique de la région.
Au-delà des gammes, c’est une philosophie qui guide l’ensemble du travail. « Nos vins sont très directs. Ils cherchent à respecter le cépage et le terroir. » À rebours de certaines tendances internationales, Cavazza revendique une approche peu interventionniste et refuse toute standardisation des profils aromatiques. « Beaucoup de vins aujourd’hui sont faits pour être vendus. Nous, nous cherchons à être aussi purs que possible. »
Le domaine perpétue également des traditions plus confidentielles, comme le Recioto di Gambellara ou encore un Vin Santo local. « Peu de gens le savent, mais il existe trois grandes traditions de Vin Santo en Italie : la Toscane, le Trentin et Gambellara. »
Alors que le centenaire approche, des projets sont en préparation, encore tenus secrets. Mais l’essentiel demeure ailleurs, dans la continuité d’un héritage familial profondément ancré. « C’est quelque chose qui est dans nos veines », confient-ils. Une fidélité qui, depuis près d’un siècle, donne naissance à des vins sincères, reflets authentiques de leur origine.
• Cavazza – Millesimato 2024 – Lessini Durello DOC
• Cavazza – Bocara 2024 – Gambellara DOC Classico
• Cavazza – Creari 2023 – Gambellara DOC Classico
• Cavazza – Tai Rosso 2025 – Colli Berici DOC
• Cavazza – Corallo 2021 – Tai Rosso Colli Berici DOC
• Tenuta Cicogna – Cabernet 2021 – Colli Berici DOC
• Cavazza – Santa Libera 2009 – Gambellara DOC Classico Vino Santo
