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Bourgogne 2026 : des vendanges historiquement précoces, des jus déjà prometteurs

Jamais la Bourgogne n’avait vendangé aussi tôt. Après une saison marquée par la chaleur, la sécheresse et plusieurs épisodes caniculaires, les premiers coups de sécateur ont été donnés dès le 8 août pour le Crémant de Bourgogne. Si les volumes devraient être en retrait, les premiers jus laissent entrevoir un millésime 2026 particulièrement prometteur, entre richesse, équilibre, pureté aromatique et couleurs denses.

L’année 2026 restera assurément dans les mémoires des vignerons bourguignons. Le 8 août, le Mâconnais lançait les premières vendanges destinées au Crémant de Bourgogne. Quelques jours plus tard, le mouvement gagnait le reste du vignoble, avant le véritable démarrage de la récolte des vins tranquilles au lendemain du 15 août. De nombreux domaines avaient ainsi terminé leurs vendanges avant même la fin du mois. Une précocité historique, conséquence d’une année particulièrement chaude et sèche, durant laquelle la vigne a traversé plusieurs épisodes caniculaires et une soixantaine de journées à plus de 30 °C. Les réserves hydriques accumulées pendant l’hiver, grâce notamment aux précipitations importantes de février, ont toutefois permis aux vignes de globalement bien résister aux conditions estivales.

Une saison menée à un rythme exceptionnel

Dès la mi-mars, le cycle végétatif avait pris de l’avance. Le mi-débourrement était atteint en moyenne le 28 mars, avant que plusieurs épisodes de gel ne viennent ponctuellement ralentir la progression et provoquer des dégâts localisés.

À partir de Pâques, la hausse des températures accélère de nouveau fortement la croissance. Fin avril, la vigne affiche près de vingt jours d’avance sur la moyenne des deux dernières décennies. La floraison suit le même rythme : les premières fleurs apparaissent le 22 mai et la mi-floraison est atteinte dès le 27 mai dans l’ensemble du vignoble. Cette évolution très rapide n’est toutefois pas sans conséquences. D’importants phénomènes de coulure sont constatés, particulièrement sur les cépages blancs, entraînant parfois des pertes significatives de rendement.

Juin marque une nouvelle accélération. À partir du 17, les températures atteignent fréquemment 35 °C et approchent localement 39 °C à l’ombre. Après quatre mois de déficit pluviométrique, estimé à 44 % en moyenne, des signes d’échaudage et de stress hydrique apparaissent dans certaines parcelles, notamment sur les sols superficiels, les jeunes vignes et les secteurs les plus exposés. Les vignes plus âgées montrent, quant à elles, une meilleure résistance. Fait particulièrement révélateur de la précocité du millésime, les premières baies vérées sont observées dès la fin juin. La chaleur persistante et la sécheresse ralentissent néanmoins ensuite le cycle dans certaines parcelles, avant que quelques orages localisés ne permettent aux baies de regonfler.

Une vendange saine, mais des volumes en retrait

La sécheresse aura eu au moins un effet favorable : la pression des maladies est restée particulièrement faible. À l’approche des vendanges, l’état sanitaire du vignoble est ainsi décrit comme remarquable. Mais cette année climatique extrême laissera des traces sur les rendements. Coulure, sécheresse, stress hydrique et faible grossissement des baies devraient conduire à une récolte en retrait. Il faudra cependant attendre l’estimation de l’interprofession, prévue à la mi-novembre, pour connaître plus précisément les volumes du millésime 2026.

Face à l’accélération brutale de la maturité au début du mois d’août, certains domaines ont choisi de vendanger de nuit afin de préserver au maximum la fraîcheur et le potentiel qualitatif des raisins. Puis, à la fin du mois, la baisse des températures accompagnée de quelques pluies a permis aux secteurs les plus tardifs de patienter davantage. Ainsi, malgré son démarrage historiquement précoce, la récolte 2026 s’est finalement étendue sur une période relativement longue, les dernières grappes n’arrivant en cuverie que peu avant la mi-septembre.

2026 : un millésime à suivre de près

S’il est encore beaucoup trop tôt pour dresser le portrait définitif du millésime, les premières impressions en cave sont encourageantes. Le Comité des Vins de Bourgogne évoque des jus riches mais équilibrés, d’une grande pureté, avec des expressions aromatiques particulièrement intenses et des couleurs denses.

Après une campagne durant laquelle les vignerons auront dû s’adapter presque continuellement, de la menace du gel printanier aux épisodes caniculaires et au manque d’eau, le millésime entre désormais dans les mains des vinificateurs.

Faible en quantité mais particulièrement prometteur dans le verre : 2026 pourrait ainsi s’inscrire parmi ces millésimes bourguignons où les contraintes climatiques auront imposé une grande précision dans les vignes comme au moment des vendanges. Les élevages permettront désormais d’en préciser les contours et, surtout, de mesurer comment cette richesse et cette intensité aromatique s’exprimeront dans les différents terroirs de Bourgogne.

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