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Almaviva

Puente Alto : un grand vin d’altitude, né de la rencontre de deux continents

Dans le paysage viticole chilien, Almaviva s’impose comme l’un des projets les plus aboutis de la viticulture contemporaine. Né de l’alliance entre la société Baron Philippe de Rothschild et le groupe Concha y Toro, le domaine incarne une vision précise : produire un grand vin d’assemblage inspiré de Bordeaux, tout en exprimant avec justesse l’identité du Chili. « C’est la rencontre de deux mondes », résume l’œnologue. D’un côté, le savoir-faire et l’exigence stylistique bordelaise ; de l’autre, « la force de la nature du Chili », un pays aux contrastes saisissants, du désert d’Atacama aux glaciers de Patagonie. Une diversité qui se retrouve, à une échelle plus resserrée, dans la vallée du Maipo, berceau d’Almaviva.

Le vignoble se situe à Puente Alto, sur la rive nord du fleuve Maipo, à environ 650 mètres d’altitude, au pied de la Cordillère des Andes. Cette zone, parmi les plus fraîches de la vallée, est historiquement identifiée pour la qualité de son Cabernet Sauvignon. Mais ici, l’objectif dépasse la simple expression variétale. « Ce n’était pas un Cabernet du Nouveau Monde que nous recherchions », précise-t-il, « mais une base pour un grand vin d’assemblage. » Les premières vignes furent plantées en 1978 et constituent encore aujourd’hui le cœur du domaine, qui s’étend sur environ 65 hectares dédiés exclusivement à Almaviva. L’encépagement, résolument bordelais, associe Cabernet Sauvignon, largement majoritaire, à des proportions plus modestes de Carménère, Cabernet Franc, Merlot et Petit Verdot, permettant de construire des assemblages à la fois précis et complexes.

Le climat joue un rôle déterminant dans cette quête d’équilibre. Protégé par la Cordillère des Andes à l’Est, mais aussi par la Cordillère de « Costa » à l’Ouest, plus modeste en altitude, le vignoble échappe aux influences maritimes trop marquées. « Contrairement à Napa, où le brouillard peut pénétrer profondément dans la vallée, ici cette barrière naturelle limite l’impact du Pacifique », explique-t-il. En revanche, l’influence des Andes est omniprésente. Chaque soir, une brise froide descend des sommets, culminant à près de 7 000 mètres, et rafraîchit le vignoble. « Cette masse d’air froid permet une maturation progressive, régulière, sans excès… sans doute réside là le secret de la finesse aromatique de ce vin ! » Le climat, de type méditerranéen semi-aride, avec environ 300 mm de précipitations annuelles concentrées en hiver, limite fortement la pression des maladies et favorise une conduite précise du vignoble. L’amplitude thermique marquée entre le jour et la nuit, particulièrement durant la période de maturation, permet un développement lent et homogène des raisins, préservant l’acidité, la fraîcheur aromatique et favorisant une concentration optimale en couleur et en composés phénoliques.

Les sols participent également à cette singularité. D’origine alluviale, ils se caractérisent par une structure pauvre et caillouteuse, avec des argiles limoneuses en surface, puis des couches de sables, de graviers et de galets en profondeur. Ce profil assure un drainage naturel optimal, limitant la vigueur et favorisant l’enracinement profond de la vigne. Il en résulte des raisins d’une grande précision, avec une minéralité marquée et des équilibres naturellement tendus, contribuant à l’élégance des vins.

Autre singularité majeure : l’absence de phylloxéra au Chili. « Le pays n’a jamais été touché », rappelle-t-il, permettant de conserver certaines vignes franches de pied. Un héritage rare qui peut contribuer à la pureté d’expression du terroir.

Dans cette recherche d’équilibre, l’inspiration bordelaise reste omniprésente, mais jamais dominante. « Nous cherchons une maturité phénolique complète, mais avec élégance », explique-t-il. L’objectif est de produire un vin capable de vieillir, sans jamais sacrifier la finesse.

L’identité d’Almaviva ne se limite pas au vin. Elle s’exprime aussi à travers son nom et son étiquette. Le nom, proposé par Jean-Pierre de Beaumarchais, fait référence au comte Almaviva, personnage central des œuvres de Beaumarchais. Quant à l’étiquette, elle s’inspire de la culture Mapuche, notamment du symbole « Meli Witran Mapu », représentant les quatre points cardinaux, les saisons et les éléments naturels. « C’était la boussole de l’époque pour les populations locales. C’est une manière de montrer la connexion avec le territoire, l’histoire et la nature. »

Epu 2023 – Chile

Almaviva 2023 – Chile

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