
Champagne Henri Giraud
Un grand cépage, un grand terroir et une grande forêt
Implantée à Aÿ depuis 400 ans, la Maison Henri Giraud entretient un lien étroit non seulement avec son terroir, mais aussi avec la forêt historique de l’Argonne. Ici, tout comme la vigne, la forêt confère aux vins différentes expressions de son propre terroir : des arômes, une maîtrise des tanins et une texture onctueuse. Cette alliance, associée à l’innovation et à la tradition, est la marque de fabrique de la Maison, incarnée par la philosophie du « Champagne de demain » imaginée par le maître de chai Sébastien Le Golvet.
Une longue histoire
La famille Giraud-Hémart est issue de l’union de Madeleine Hémart, héritière de vignobles en Champagne, et de Léon Giraud, fils d’agriculteur originaire du centre de la France. Léon, cuirassier pendant la Première Guerre mondiale, a également mené une brillante carrière au sein de la Compagnie des chemins de fer français. La famille Giraud-Hémart s’est ensuite installée à Aÿ, où se trouve aujourd’hui son siège, afin de replanter et d’agrandir les parcelles héritées de Madeleine. Après la Seconde Guerre mondiale, Léon et son fils Henri ont fondé la Maison Henri Giraud, symbolisant la résilience de l’union de deux familles. Ils ont restructuré le vignoble, créé une pépinière pour mener une sélection massale rigoureuse et commencé à produire du champagne sous leur propre nom.
Claude Giraud, représentant de la 12e génération de la famille, a repris la direction du Domaine Henri Giraud en 1982 et a initié son renouveau, en perpétuant la tradition de la vinification en fûts de chêne. Il a installé la première cave équipée de cuves thermorégulées en Champagne, dotée d’un pressoir à membrane, et a agrandi la cave à fûts. Claude a relancé la réserve perpétuelle, datant des années 1950, et l’a nourrie exclusivement avec des fûts de chêne provenant de la forêt d’Argonne. En 1990, la première Cuvée Fût de Chêne Aÿ Grand Cru a été commercialisée, établissant le style caractéristique du Champagne Henri Giraud et l’élevant à un tout autre niveau.
Aujourd’hui, sa fille aînée, Emmanuelle Giraud-Patour, a pris la présidence de la Maison et perpétue cet héritage.
Philosophie de la Maison : alliance cépage-terroir-forêt
Claude a également veillé à ce que la forêt d’Argonne, repère historique de la Champagne, conserve toute son importance dans la philosophie et le style de la Maison. Comparé aux autres forêts françaises, dont le chêne est réputé pour le vieillissement des vins, le bois de la forêt d’Argonne est idéal pour le vieillissement des champagnes. Des recherches ont permis d’identifier une dizaine de terroirs au sein de la forêt d’Argonne. Ce travail a permis de tisser un lien entre le terroir du Grand Cru d’Aÿ et la forêt. La cuvée « Argonne », aboutissement de ce travail, témoigne de ce lien précieux entre le champagne Henri Giraud et la forêt d’Argonne. En 2015, Sébastien Le Golvet, directeur et maître de chai, a remplacé toutes les cuves en acier inoxydable par des fûts de chêne d’Argonne, faisant de la pureté d’expression de l’alliance vigne-forêt une signature de la Maison. Il va même plus loin en personnalisant les fûts pour chaque millésime.
Sébastien explique : « Je supervise la fabrication des fûts afin de trouver la meilleure symbiose possible entre les profils du futur vin et les composants aromatiques du chêne. Le bois des chênes de la forêt d’Argonne, tout comme la vigne, acquiert un caractère différent selon son terroir : plus serré et vif, ou plus fruité et rond. Son grain dense et très fin limite la libération de tanins excessifs. » Sébastien contrôle également le chauffe des fûts. En maîtrisant le chauffe des tanins, il apporte une touche de douceur aux vins (réaction de Maillard) sans augmenter leur dosage. Ce travail précis et complexe avec le bois sert à porter le terroir d’Aÿ et le style de la Maison vers l’excellence.
« Le Champagne de demain »
Ce concept proposé par la Maison incarne l’alliance entre le cépage, le terroir et la forêt : s’adapter à l’évolution des conditions viticoles tout en conservant l’esprit d’innovation qui fait partie intégrante de son ADN, afin de continuer à produire de grands vins. Pour Henri Giraud, un grand vin se définit par la maturité phénolique des raisins, leur richesse aromatique et l’empreinte du terroir, indépendamment du degré d’alcool potentiel. La situation géographique de la Champagne, à la limite nord de la viticulture, lui permet de conserver un degré d’alcool relativement faible, mais ces dernières années, Sébastien a constaté un décalage par rapport à la maturité phénolique des raisins. Pour contrer ce phénomène, la Maison Henri Giraud s’attache à obtenir une excellente maturité phénolique de ses raisins et une pureté d’expression exceptionnelle du terroir d’Aÿ.
« Le terroir de l’Aÿ est un magnifique diamant qui mérite un écrin à sa mesure. Et cet écrin, c’est la forêt d’Argonne. » Sébastien Le Golvet
Dans la cave, les fûts innovants en bimatière (douelles de chêne et fonds en céramique), brevetés par la Maison, permettent de concentrer la douceur des vins sans avoir recours à la chaptalisation ni à une augmentation du dosage. Contrairement aux douelles, les fonds de fûts traditionnels ne sont pas toastés. Les tanins restent donc bruts et peuvent conférer leur astringence au vin. Mais la tête en céramique neutre des fûts bimatières préserve les notes fruitées et légèrement sucrées de chêne toasté et de vanille, ainsi que la rondeur et la douceur du vin, évitant ainsi une augmentation du dosage des champagnes et créant une meilleure harmonie entre le vin et le chêne. Respecter la nature et la pureté du fruit qu’elle produit, mettre en valeur le terroir et innover pour perpétuer les traditions à l’avenir : voilà ce qu’exprime le concept du champagne de demain, selon Champagne Henri Giraud.
